Nichées entre les majestueuses montagnes du Caucase, les Gorges de la Debed offrent une évasion à la croisée des chemins entre spiritualité et nature sauvage.
La région, qui tire son nom de la rivière qui la traverse, abrite parmi les plus beaux monastères médiévaux du pays. Je parle bien sûr des sites de Sanahin et d’Haghpat, classés au patrimoine de l’UNESCO, véritables symboles de la foi du pays. Si ces témoins silencieux du passé monastique attirent nombre de touristes, ils sont loin d’être les uniques atouts de la région : ses paysages accidentés et hauts plateaux ciselés happent le regard du visiteur en permanence.
Idéalement située sur la route vers la Géorgie, cette région m’a particulièrement plu pour la richesse de son panorama haut perché. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ses monastères (spoiler : ce ne sont pas les plus touristiques !)
Suivez le guide !
Table des matières
La carte !
Découvrez les points d’intérêt autour d’Alaverdi, dans les Gorges de la Debed. Sur la route de la Géorgie se cachent parmi les plus beaux monastères du Nord, dont certains sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Consultez la carte pour planifier votre visite de ces joyaux et profiter de la nature montagneuse de la région.
Sur la route d'Alaverdi
Parti tôt de Dilijan, où j’avais passé la nuit, j’ai pénétré dans la région de la Debed aux alentours de midi, après 1 h 30 de route et une halte à Vanadzor, la grande ville à sa porte.
Et je dois dire que, dès les premières minutes de route, j’ai été envoûté par l’atmosphère de l’endroit, avec ses hautes palissades de roches qui vous enveloppent à mesure que l’on serpente le long de la rivière Debed.
Sur ses flancs justement, quelques villages et friches industrielles abandonnées tranchent avec le reste du pays et lui donnent son caractère spécial. C’est au bord de l’une d’elles que j’ai fait halte pour une première découverte : le monastère de Kobayr.
Le Monastère de Kobayr
Temps indicatif : 1h30
Pratiquement invisible depuis la route, ce monastère est perché sur un promontoire qui toise la rivière en contrebas. Pour y accéder, il faut emprunter un petit chemin qui passe sous la voie ferrée, à côté de la route principale.
Mieux vaut garer la voiture sur le bas-côté et continuer à pied, car il est plutôt étroit, bien que praticable, jusqu’à arriver au pied de la falaise où se dressent d’énormes grottes travaillées par l’érosion (splendides !).
C’est alors le moment de chausser son chapeau d’Indiana Jones ! Une fois escaladé le petit sentier dans la canopée, on parvient au monastère par une grande salle sans toit, en réfection lors de ma visite. Malgré les échafaudages, on voit encore les peintures superbes à côté d’une petite porte qui donne dans le vide à droite. C’est sur la gauche que le monastère continue, avec un clocher (intact) et deux petites chapelles (en travaux, mais fort belles !).
Le clou du spectacle, c’est en haut de la coupole que vous l’aurez, avec une vue magnifique sur la vallée en contrebas et le cri des aigles en fond sonore, qui donne à cet endroit un air magique.
Indéniablement un coup de cœur qui mérite une escale. De toute façon, c’est sur la route d’Alaverdi.
Eglise de Odzun
Temps indicatif : 30min (hors trajet)
Toujours sur la route d’Alaverdi, j’ai continué mon exploration en découvrant le village d’Odzun. Situé à une vingtaine de minutes d’Alaverdi (moyennant un court détour), ce village perché sur la montagne opposée à Sanahin (partie haute d’Alaverdi) permet d’avoir une vue splendide sur la vallée. Chaque épingle est un spectacle et mérite déjà amplement ce petit détour.
Une fois au sommet, le village d’Odzun ne promet pas grand-chose mais dispose d’un monastère construit au VIᵉ siècle, qui semble littéralement posé sur le bord de la falaise.
N’hésitez pas à rentrer à l’intérieur de l’église et à faire le tour des galeries extérieures. À l’intérieur, on admire également les murs peints et les différents khachkars qui s’y trouvent, avant de faire un tour dans la pelouse alentour, qui abrite un petit cimetière aux jolies tombes de pierre.
Au final, une visite plutôt courte mais agréable si vous avez le temps de faire un crochet. La vue seule vaut le coup d’œil.
Le Monastère de Sanahin
Temps indicatif : 1h30min
Bien que le soleil fût déjà bas, j’ai continué mon périple sans m’attarder en direction d’un des lieux emblématiques de la région : le monastère de Sanahin.
Ce monastère, dont la construction a débuté au Xᵉ siècle, est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce fut notamment un lieu réputé pour son école de calligraphie et d’enluminure, mais aussi pour son expertise concernant la médecine.
L’une de ses spécificités, c’est qu’il est parsemé de pierres tombales à même le sol. Il y en a un peu partout, à la fois dans les bâtiments mais aussi à l’extérieur. C’est donc un vrai élément différenciant qui donne au monastère son côté atypique. Il est également assez vaste, avec ses deux églises et ses salles voûtées, qui dégagent une atmosphère mystique !
Comptez au minimum 1 h pour faire un tour à l’intérieur et grimper en haut du cimetière, où vous aurez un beau panorama sur les montagnes alentours.
Ce que j'ai aimé au monastère de Sanahin
- Son enchainement de salles voutées qui lui donne un coté mystique
- Sa variété : on visite vraiment un complexe pas seulement des églises
- Les tombes anciennes qui juchent le sol un peu partout
- La vue sur la montagne depuis le haut du cimetière (magnifique au coucher du soleil)
Car oui, pour changer, il faut encore grimper pour accéder au monastère, qui se trouve au sommet du village de Sanahin, la « partie haute » d’Alaverdi.
Lors de mon passage, absolument toute la route était dénudée depuis le bas de la montagne.
Rassurez‑vous, ça passe quand même : il suffit d’y aller mollo sur le champignon.
Le Monastère de Haghpat
Temps estimé : 1h-1h30
Après ma nuit au sommet de Sanahin où j’ai trouvé un charmant B&B je continue mon tour des monastères avec celui de Haghpat, plus au nord.
Classé à l’UNESCO et également construit au Xᵉ siècle, Haghpat était à l’époque un concurrent de Sanahin en termes de rayonnement religieux, même si les deux sont similaires en termes d’architecture. Bref, les deux font la paire en quelque sorte, et ce serait dommage d’être allé jusque-là sans faire cette visite.
Concrètement, 1 h 30 suffisent largement pour faire le tour des différentes églises du site et de ses bâtiments – dont un, curieusement percé de trous. Notez les jolies tombes gravées dans le jardin, qui invitent à se poser quelques minutes pour profiter de l’atmosphère très paisible du lieu et de sa vue spectaculaire sur les sommets alentours.
Randonner dans la Debed
Si vous aimez la nature, la Debed offre plusieurs balades sympas dans la région. L’application HIKEArmenia propose notamment des randonnées au départ de Haghpat et ses environs. Voici une sélection :
Balade pour la forteresse de Kayan Berd – 1,4 km – 1h
Une randonnée facile mène jusqu’au sommet de Kayan Berd, une forteresse du Xᵉ siècle. Le point de départ se trouve juste avant d’entamer la montée vers Haghpat et constitue un bon endroit pour pique-niquer près du pont.
Balade de Haghpat à la forteresse Tsaghkashat – 7 km – 4h
Une randonnée intermédiaire dans la forêt jusqu’au village de Tsaghkashat (au départ de Haghpat)
Balade de Haghpat à Sanahin – 8,5 km – 4h
Pour les plus vaillants, cette rando permet de relier les deux monastères en partant de Haghpat ou Sanahin
Le Monastère de Akhtala
Temps estimé : 1h30
Je vais être honnête : j’ai beaucoup hésité pour savoir si je devais visiter ce monastère. Dans le Lonely, il paraissait anecdotique, et pourtant… Quelle découverte !! C’est avec Kobayr l’un de mes monastères coup de cœur. Je suis tombé amoureux de ses fresques, qui recouvrent les murs de l’église et sont à tomber par terre, avec des couleurs impeccablement conservées. Quand on pense qu’elles datent du Xᵉ siècle ! Un délice pour les yeux !
À l’extérieur, le monastère est également très beau et massif. Des fortifications marquent l’entrée du site, avec un jardin où se trouvent un cimetière et d’anciens bâtiments en ruines dans lesquels on peut se promener.
Bref, une très très belle visite qu’on boucle en 1 h et plus (en fonction du temps passé le nez au plafond de l’église). En revanche, l’endroit, bien que touristique, est mal relié par les transports publics, car un seul bus le dessert à l’aller, mais pas au retour… quel dommage !
En voiture, 20 min de route suffisent depuis Alaverdi, sans difficultés particulières.
PS : le Café Nurik qui jouxte le monastère est très sympa aussi.
Où dormir, où manger ?
Il n’y a pas de grands centres urbains dans la région des Gorges à proprement parler, hormis Alaverdi, ce qui en fait selon moi l’endroit idéal pour séjourner. En revanche, il faut savoir qu’elle est coupée en deux entre :
Sa partie basse, industrielle et « fonctionnelle » (Alaverdi sur la carte)
Sa partie haute, Sanahin, où se trouve le monastère du même nom. C’est la partie la plus touristique, où se concentre l’essentiel de l’offre d’hébergement, d’où le fait que j’y ai posé mes valises.
Où loger ?
Suite à ma visite du monastère de Sanahin j’ai séjourné au B&B Mini House situé à l’étage d’une superette.
La chambre double (avec salle de bain privée) était très bien et le couple de propriétaires super sympas. Les chambres sont refaites (bon la déco faut aimer) et la proprio donne du shampoing et des serviettes comme à l’hôtel. Il y également une salle commune avec un « mur d’or » où j’ai laissé un petit mot (si jamais vous le trouvez).
Le + : On est au centre du village de Sanahin et à quelques minutes du monastère et d’adresses pour diner.
Le – C’est un B&B donc niveau liberté de mouvement on lié aux horaires de la superette. Il ferme très tard le soir (minuit) mais n’ouvre qu’à 9h le matin.
Coût de la nuit : 7700 AMD
Où manger ?
J’ai diné au café Mkrtchyan qui se trouve au coeur du village et que que je recommande chaudement. Le vin est très bon et la carte alléchante avec plein de spécialités. En bonus une petite terrasse très mignonne même si le resto ne ferme pas tard (22h tout le monde dehors).
Ma commande : 1 Ojakhuri + 1 Shoke Manje (mousse au chocolat) + 2 verres de vin
Addition : 5000 AMD
Mon avis sur les Gorges de la Debed
Visiter les Gorges de la Debed c’est faire la rencontre des plus beaux monastères du pays en tutoyant les cimes abruptes et accidentées qui toisent la rivière en contrebas. Cette région m’a plu pour son ambivalence entre son fond de vallée à l’aspect brut et industriel et ses plateaux hauts perchés qui appellent a la contemplation.
Pour moi, cette région restera
Une impression d’être sur le toit du monde.
J’ai adoré conduire le long de la Debed et gravir ses épingles acérées, récompensées par des panoramas splendides sur les hauts plateaux. C’est l’un des endroits d’Arménie qui m’a le plus subjugué par la beauté de ses monastères perchés, où le temps semble se mettre en pause.
Mon souvenir de la Debed c’est
Le panorama
A la fois accidentée et apaisante, la nature de la Debed offre aux voyageurs des panoramas splendides une fois le sommet de ses plateaux atteint. Quel plaisir de voir cet horizon infini s’étaler devant soit au coucher du soleil. Magique !
Ses monastères
Pas de doute Kobayr et Aktala resteront parmi mes monastères favoris, pour le coté (faussement) inaccessible de l’un et la beauté des fresques de l’autre. Ne vous y trompez pas : cela n’enlève rien à la beauté de Sanahin et Haghpat. Tous deux des must have !
Les travaux à Sanahin
Hasard malheureux, il a fallu que la route de Sanahin soit entièrement arrachée lors de ma venue. Dommage car je suis sûr que l’ambiance du village y aurait été radicalement différente. Ce n’est jamais très agréable de vivre dans la poussière.