Au plus profond de l’Arménie se trouvent les villes de Goris et de Tatev. Malgré la distance qui les sépare de la capitale et du centre du pays (Erevan est à plus de 3 h de route), cette région attire de nombreux touristes, en général pour la journée. La raison principale de cet engouement, c’est notamment le monastère de Tatev, l’un des sites religieux les plus importants et vastes d’Arménie, auquel on accède par les airs via le plus long téléphérique du monde !
Visiter Goris, c’est donc un peu survoler les montagnes, mais c’est également une étape qui nous rapproche de la terre en explorant ses fameuses cités troglodytes, à Goris ou à Khndzoresk.
Lors de mon voyage en Arménie, j’ai passé 2 jours et 3 nuits dans la région (à Goris précisément). C’est une étape que j’ai beaucoup appréciée, pour cette diversité entre ciel et terre. Suivez le guide !
Table des matières
La carte !
Goris et Tatev se situent à plus de 3 h de route de la capitale, Erevan.
Découvrez les points d’intérêt pour composer votre séjour au fin fond de l’Arménie.
Le Monastère de Tatev
Temps indicatif : 2h
Arrivé le soir dans la ville de Goris, j’ai démarré mes visites le lendemain matin par le plus gros morceau : le monastère de Tatev. Situé à quelques kilomètres de Goris (30 min en voiture), le monastère de Tatev est le plus grand monastère du Sud et il fut longtemps un site religieux majeur pendant le Moyen Âge.
Perché à 1 800 mètres d’altitude, il séduit en particulier les touristes par sa situation exceptionnelle au cœur des montagnes, qui offre un magnifique panorama sur les cimes.
Le complexe monastique dispose d’une église principale aux beaux murs peints, ainsi que de plusieurs bâtiments qui font le tour de son enceinte. Parmi eux se trouvent par exemple d’anciens réfectoires désormais ornés de très beaux khachkars, des croix gravées dans la roche typiquement arméniennes. Vous trouverez également une chapelle ainsi qu’un curieux pilier.
Deux heures de visite suffisent largement pour bien faire le tour du site (de préférence le matin pour éviter le monde) et pour monter en surplomb afin d’apprécier la situation isolée du monastère, qui trône sur son piton rocheux et semble suspendu dans le vide. Pour monter en surplomb, 30 min de marche aller-retour suffisent largement. Il suffit de prendre la route de droite avant de rentrer sur le site et de marcher derrière la glissière de sécurité.
Wings of Tatev
Le plus grand téléphérique du monde
Temps indicatif : 30min A/R
Outre le monastère, Tatev est célèbre pour disposer du plus grand téléphérique aérien du monde : Wings of Tatev, qui parcourt 5,7 km au-dessus du vide en seulement 12 min. C’est très clairement une expérience à faire pour bénéficier d’une vue exceptionnelle sur les montagnes et la forêt, même si le prix est très élevé pour l’Arménie. Il vous en coûtera 7 000 AMD l’aller-retour ou 5 500 AMD simplement l’aller.
Si vous ne souffrez pas de cette dépense, mettez donc un petit billet ! D’abord pour la vue superbe sur la montagne et la route sinueuse qui serpente au sommet. C’est également le moyen le plus pratique et rapide de rejoindre le monastère !
L’autre option, c’est évidemment le taxi, qui n’est pas beaucoup moins cher. Il faut compter environ 10 000 AMD depuis Goris jusqu’aux Wings ou 15 000 AMD jusqu’au monastère. Enfin, il reste la marche. Vous pouvez demander des renseignements au guichet ou télécharger HIKEArmenia, qui propose plusieurs itinéraires sympas. Inutile de chercher un bus : aucun transport public ne se rend à Tatev.
Mes conseils pratiques pour profiter des Ailes de Tatev
- Placez-vous de préférence devant ou à gauche de la cabine lorsque vous montez.
- Les billets ont des horaires (un téléphérique toutes les 20 min) et arriver en retard entraîne des amendes (2000 AMD tout de même). Prenez large pour le retour : si vous êtes en avance, il n’y a pas de problème à condition qu’il y ait une place pour vous.
- Vérifiez bien que le téléphérique est ouvert avant d’y aller : il est fermé certains jours en raison du vent. Réservez vos billets si vous craignez l’affluence (l’après-midi notamment). Vous pouvez le faire directement sur le site
Old Khndzoresk
La ville troglodyte abandonnée
Temps indicatif : 1h30min
À quelques kilomètres de Goris vers le nord (on change de sens), se trouve la vieille ville de Khndzoresk, une cité troglodyte habitée dès le XIIIᵉ siècle et qui fut abandonnée en 1931 après un terrible séisme.
Pour s’y rendre, il faut descendre après le village de Khndzoresk (toujours habité, lui) en empruntant un chemin un peu cahoteux et caillouteux. En voiture, ça passe, mais il faut vraiment y aller doucement pendant environ 3km.
Personnellement, j’ai préféré finir à pied, de peur d’abîmer ma voiture encore fraîchement louée.
Une fois en bas, il y a quelques cafés sur une route goudronnée (dommage qu’ils n’aient pas fait celle pour descendre !) et, sur l’autre flanc de montagne, la cité, séparée par un pont de singe. Désolé : si vous avez le vertige, il faudra bel et bien traverser !
Pour bien profiter du lieu, commencez par crapahuter un peu sur votre droite en arrivant. Vous découvrirez quelques cavités qui servent aujourd’hui d’abri pour le bétail. Revenez ensuite à gauche du pont pour découvrir d’autres cavités et bâtisses abandonnées, jusqu’à arriver à l’église au toit envahi d’herbes folles, qui se détache sur la montagne. Elle est à moitié en ruine, mais pourtant toujours active !
En une bonne heure, on a déjà fait un bon tour. Prévoyez de préférence des chaussures adéquates, mais le site est adapté pour toute la famille. Il est également possible de faire du cheval ou de prendre des photos avec (moyennant finance si vous n’êtes pas discret).
Old Goris
et ses cheminées de fées
Temps estimé : 1h
Pour continuer dans le thème souterrain, vous pouvez enfin terminer la journée par la vieille ville de Goris. Là encore, il s’agit d’une ancienne cité troglodyte abandonnée, dont les cheminées de fées se dressent à l’est de la ville actuelle.
Sur le passage, plusieurs bâtiments abandonnés donnent une atmosphère assez particulière à l’endroit, auquel on accède au départ du… cimetière de la ville. Je vous rassure : l’atmosphère, loin d’être macabre, promet au contraire une balade agréable entre les tombes fleuries et décorées dans un style bien local ! Observez les tombes où certains défunts sont représentés « comme dans la vraie vie », parfois la clope au bec, en habit, etc. C’est assez amusant !
La balade n’est finalement pas longue (une petite heure pour faire le tour) et l’endroit est très joli en fin de journée. Si vous grimpez un peu, vous bénéficierez d’un point de vue intéressant.
La ville de Goris
Mon séjour m’a enfin permis de passer un peu de temps à arpenter la ville de Goris, qui est l’une des plus charmantes que j’ai rencontrées dans le pays.
La raison principale de cet intérêt réside notamment dans la présence de ses maisons en pierre du XIXᵉ siècle, qui sont encore visibles partout dans le centre et lui donnent un caractère tout à fait unique.
Je vous conseille de vous balader un peu sur sa grande place devant la mairie pour profiter de sa fontaine, de ses cabines en bois de street food, et admirer… la tour Eiffel. Oui, oui, allez savoir pourquoi, mais il en existe bien une ici, en miniature évidemment. En bonus, la mairie diffuse de la musique avec les haut-parleurs ! Sympa, non ?
Où dormir dans la région ?
Je n’ai bien sûr pas de point de comparaison, mais Goris m’a semblé le meilleur endroit de la région pour séjourner, du fait de sa taille (20 000 habitants vs moins de 1 000 pour Tatev) et de son accès aux services (transports, hôtels, restaurants).
J’ai, comme toujours, beaucoup apprécié l’accueil des locaux sur place, notamment dans l’auberge Lovely Goris, qui est assez plébiscitée par les voyageurs (le Lonely, mais Sarah en parle aussi dans son blog).
Le petit déjeuner est très bon et copieux, et l’auberge est idéalement placée à 5 min de la mairie.
C’est enfin un endroit assez connu des backpackers pour ses prix attractifs. L’occasion de faire de belles rencontres dans la petite cour intérieure (RPZ Seba, mon compagnon d’Uruguay). Un choix que je vous recommande (si vous n’êtes pas trop difficile niveau déco).
Où manger à Goris ?
J’ai eu l’occasion de tester deux adresses différentes à Goris :
Café Tur Baza : Ma première soirée, j’ai découvert le Tur Baza Café en suivant la recommandation du Lonely Planet, et cela reste l’un de mes préférés pour sa cuisine simple, vraiment peu chère et copieuse, que l’on déguste dans un petit jardin où se trouve une galerie boisée et de grosses tables en bois. Les locaux viennent y boire des bières et jouer au backgammon, what else ? Clairement un bon choix si vous cherchez où manger. La serveuse est adorable, mais attention : ils ferment assez tôt (à 23 h, tout le monde au lit).
Ma commande : Tolma x3 + 1 kebab au bœuf + Kinkhali x3 + 3 pintes
Addition : 4 500 AMD
Wine Garden : Pour mon deuxième soir, je suis allé au Wine Garden, qui se positionne plutôt comme un grill. Son atout principal, c’est son cadre charmant avec son jardin un peu sauvage, sa vigne et ses grosses tables en bois. On sent que c’est déjà un peu plus familial et chic. D’ailleurs, ça se voit sur le menu puisqu’on est sur des prix un peu au-dessus de la moyenne pour finalement une cuisine qui ne suit pas vraiment cette augmentation. C’est curieusement un peu grossier et pas franchement exaltant.
Ma commande : Pommes de terre rissolées (vraiment bof) + agneau grillé + 1 bière
Addition : 5 000 AMD
Arriver dans la région
Peu importe comment vous souhaitez vous y rendre, un seul mot d’ordre : la patience. Comptez au minimum 4 h de route depuis Erevan. Chaque jour, plusieurs marshrutkas font le trajet depuis la capitale pour un peu moins de 3 000 AMD. Pensez de préférence à réserver pour avoir une place assise !
Si vous avez votre propre voiture, profitez de ce temps sur la route pour admirer le paysage : on passe par des endroits prodigieux, entre hauts plateaux et cols sertis d’épingles. Un régal pour les amateurs de road trip.
Mon avis sur Goris et Tatev
Visiter la région de Goris c’est vivre l’Arménie entre ciel et terre. D’abord hirondelle à braver ses cimes puis taupe exploratrice des entrailles de son passé, cette région d’Arménie m’a séduit par cette étonnante dualité que je n’ai retrouvé nul part ailleurs.
Pour moi, cette région restera
Un instant de voyage à mi chemin entre Terre et Ciel.
J’ai adoré prendre le téléphérique et surplomber les magnifiques montagnes jusqu’au monastère pour finir l’après-midi à moitié sous terre à explorer ses cités troglodytes.
J’ai également pris plaisir à découvrir la belle ville de Goris et ses maisons de pierres qui offrent une halte paisible dans un écrin de montagne à couper le souffle !
Mon souvenir de Goris c’est
Sa jolie ville
Avec ses belles pierres volcaniques, Goris est une ville qui mérite vraiment de s’y attarder un instant. Son centre familial et sa position au coeur des montagne lui donne un charme certain !
Le téléphérique
Toiser les cimes et le vide en téléphérique donne à la visite du monastère de Tatev une saveur toute particulière ! La vue est grandiose et l’instant, suspendu à tout jamais.
Les barrages de police
hLa route est incroyable c’est vrai mais néanmoins prohibitive : 3h voire 4h de route n’est pas à prendre à la légère dans votre choix d’itinéraire. Bref, « c’est beau mais c’est loin » comme dirait l’autre.